Fermer le Robinet du Sang, Ouvrir la Porte de l’Espoir

Published on April 2, 2026 at 1:10 PM

En Haïti, la simple indignation ne suffit plus. Manifester, dénoncer, condamner avec force les actes inadmissibles, malveillants, sauvages et inhumains est nécessaire, mais largement insuffisant. La situation exige davantage que des réactions émotionnelles : elle requiert une action structurée, cohérente et déterminée.

1. L’État doit assumer pleinement son rôle régalien
Dans tout pays, la sécurité des vies et des biens n’est pas un privilège : c’est un droit fondamental. Ceux qui détiennent le pouvoir légal ont l’obligation de garantir ce droit à travers des institutions fonctionnelles, crédibles et impartiales. La légitimité de la violence appartient exclusivement à l’État. C’est à lui — et à lui seul — qu’incombe la responsabilité d’empêcher quiconque de s’arroger le droit de vie ou de mort sur autrui.
Lorsque deux individus sont en conflit, lorsque des actes malhonnêtes ou criminels sont commis, c’est un système judiciaire fiable qui doit intervenir. Sans justice, il n’y a ni ordre, ni paix, ni société viable.
2. La primauté du droit n’est pas négociable
Le respect des lois n’est pas une option. Il constitue le socle de toute société stable. La justice, quant à elle, est le mécanisme qui équilibre les droits, les devoirs et les libertés. Lorsque des individus violents, abusifs ou mal intentionnés défient l’ordre public, le pouvoir légal — s’il existe réellement et s’il assume sa mission — doit opposer la force légitime à la force illégale. C’est un impératif, non une suggestion.
Laisser prospérer l’illégalité, c’est renoncer à l’État. Et renoncer à l’État, c’est condamner la population à l’insécurité permanente.
3. L’inaction des dirigeants nourrit le mal
En Haïti, les crimes quotidiens ne devraient jamais être traités comme de simples faits divers. Chaque acte criminel ignoré, chaque violence banalisée, chaque impunité tolérée devient une racine du mal qui s’enfonce plus profondément dans le pays.
Le problème n’est pas seulement l’existence du mal, mais l’absence de volonté politique pour le combattre. Le courage, la détermination et la vision nécessaires pour stopper le mal à sa source semblent faire défaut dans l’ADN de nos dirigeants politiques et économiques. Cette défaillance a permis l’expansion d’un réseau criminel qui s’est renforcé précisément parce qu’il n’a jamais été stoppé à temps.
4. La sécurité n’est pas un luxe : c’est un droit sacré
La sécurité des vies et des biens est un droit sacré, inaliénable, non négociable. Elle ne peut être sacrifiée, ignorée ou reléguée au second plan. Un gouvernement qui ne garantit pas ce droit manque à sa mission la plus fondamentale.
5. Le pouvoir appartient au peuple
À qui revient le pouvoir, sinon aux citoyens eux-mêmes ? Lorsque l’État faillit, lorsque les institutions se dérobent, lorsque la sécurité disparaît, les citoyens ont non seulement le droit, mais le devoir de s’organiser, d’exiger, d’imposer la garantie de leurs droits fondamentaux.
Un pouvoir qui ne protège pas son peuple perd toute légitimité. À quoi sert d’exercer l’autorité si ceux qui vivent sur le territoire ne bénéficient même pas de la sécurité de leur vie et de leurs biens ?
 
Reynald Orival, citoyen haïtien et caribéen engagé
Président Initiative Citoyenne pour le Changement
Coordonnateur adjoint ECO MS