Les réseaux sociaux inondent nos écrans d'images d'Haïti, partagées à profusion. Les amoureux du beau et du sens cherchent à les contextualiser, à les ancrer dans des récits inspirants. Pourtant, Haïti regorge de trésors historiques : la majestueuse Citadelle Laferrière, les forts du Môle-Saint-Nicolas, de Fort-Liberté, ou encore ceux des Gonaïves, d'Ennery, de l'Arcahaie et du Cap-Haïtien. Ces monuments nous propulsent dans un passé glorieux – celui de la première nation noire indépendante, berceau de la liberté en 1804. Ils pourraient attirer des hordes de touristes éclairés, booster l'économie et rayonner mondialement.
Malheureusement, ces ressources inestimables sont inexploitées, délaissées, livrées à l'abandon. Depuis des décennies, on nous vante l'ISPAN (Institut de Sauvegarde du Patrimoine National), censé les protéger. Mais cet organisme reste inactif, paralysé par des directions incompétentes et insensées.
Partout, des photos accablantes montrent un état de délabrement piteux : murs effondrés, toitures béantes, invasions de buissons et de végétation sauvage. De Môle-Saint-Nicolas à Fort-Liberté, en passant par le Cap-Haïtien, les Gonaïves, Ennery, l'Arcahaie et le reste du pays, c'est le même tableau désolant.
Pire encore : les générations futures risquent de ne plus pouvoir toucher du doigt cette histoire légendaire. Ces vestiges, témoins muets de la révolution haïtienne, s'effritent sous nos yeux. Récemment, la Citadelle du roi Henry Christophe – classée au patrimoine mondial de l'UNESCO !
– a été profanée. Des milliers de jeunes l'ont envahie sous l'indifférence criminelle des autorités. Le bilan ? Des vies perdues, un site sacrifié.
À l'inverse, regardez le Mexique, le voisin : ils chérissent leurs pyramides mayas, leurs sites aztèques comme des joyaux nationaux. Teotihuacán ou Chichén Itzá sont protégés par des lois strictes, des budgets colossaux et une fierté collective.
En Haïti ? Buissons envahissants, vols de pièces précieuses (canons, artefacts...), et un laisser-aller total. Pourquoi ? Parce que le pouvoir haïtien est trop souvent aux mains de fous, de sauvages, d'insouciants et d'inconscients, dépourvus d'amour pour leur pays. Quand donc des leaders visionnaires prendront-ils les rênes pour sauver notre héritage ?
Dr. Ed Exil-Noël, Mexique