Pour être haïtien, il faut aimer Haïti jusqu’à l’inconfort, jusqu’à la vérité nue. Aimer Haïti, c’est refuser de se cacher derrière les prières, les rites ou les slogans pendant que le pays brûle. Un bon chrétien, un bon vodouisant, un bon croyant — peu importe le chemin spirituel — doit d’abord être un citoyen qui protège la vie, qui défend la justice, qui refuse la honte nationale.
Un vrai Haïtien ne pactise pas avec les bourreaux, ne s’agenouille pas devant les corrompus, ne se tait pas devant l’impunité. Un vrai Haïtien ne se contente pas de survivre : il se bat pour que son pays vive.
Une nation qui s’enfonce dans la misère, l’impunité et la corruption n’est pas seulement trahie par ses dirigeants : elle est trahie par chaque citoyen qui choisit la peur plutôt que le courage, l’indifférence plutôt que la dignité.
Haïti n’a pas besoin de bras croisés, de consciences endormies ou de patriotes de façade.
Haïti a besoin de femmes et d’hommes qui brûlent d’un feu intérieur, prêts à dire assez, prêts à défendre ce pays comme on défend sa propre vie.
Car ce n’est pas Haïti qui manque de lumière — ce sont ses citoyens qui doivent enfin accepter d’en devenir les flammes.
Reynald Orival, Citoyen haïtien et caribéen engagé.
ICC/ECO-MS